Sam Pinkleton impose une règle « zéro connard » à Broadway

Sam Pinkleton impose une règle « zéro connard » à Broadway

Sam Pinkleton sur une scène de Broadway, micro en main, s’adressant à l’équipe sous les projecteurs.
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D’un Tony à l’ombre lumineuse de The Rocky Horror Show

Sam Pinkleton vient de remporter un Tony pour la mise en scène d’Oh, Mary! en 2025. Moins d’un an après, il retourne dans l’ombre lumineuse du spectacle le plus déjanté du répertoire queer : The Rocky Horror Show. « Dix secondes avant que je n’arrive à cette interview, Rocky naissait d’un sac amniotique dans le laboratoire de Frank dans la pièce d’à côté », raconte Pinkleton en riant — image parfaite d’une mise en scène déjà en effervescence.

Une ouverture à Manhattan et une distribution hors norme

Le 26 mars 2026, The Rocky Horror Show ouvre à Manhattan, au Studio 54. C’est une version qui promet d’être à la fois fidèle à la démence originelle et résolument contemporaine : la distribution rassemble Rachel Dratch, Andrew Durand, Luke Evans, Amber Gray, Harvey Guillén, Stephanie Hsu, Juliette Lewis, Josh Rivera et Michaela Jaé Rodriguez. L’enjeu est simple et immense : comment moderniser un monument qui fascine, scandalise et sauve des vies depuis 1973 ?

Des influences : rencontres et archives qui façonnent la mise en scène

Pinkleton n’est pas un nostalgique docile. Il confesse avoir découvert Rocky plutôt tard — d’abord à la télé, puis, bouleversé, lors d’un shadow cast new-yorkais sur la 23rd Street — et il parle de cette œuvre comme d’un refuge. C’est en discutant avec Pam MacKinnon à San Francisco que l’idée de reprendre le spectacle en grand format lui est apparue comme une évidence. Il a aussi interviewé Richard Hartley, compositeur du score original, pour le cinquantième anniversaire du film ; ces conversations l’ont convaincu que Rocky n’est pas seulement un divertissement, c’est une urgence communautaire.

Troupe, public et le jeu de l’héritage au Studio 54

Pour Pinkleton, la pièce tient à sa troupe plus qu’à une esthétique précise. « La distribution a été l’activité principale de ma vie cette année », dit-il. Son but : que, sur scène, on se demande spontanément « comment ce groupe s’est retrouvé ensemble ? » — une manière de préserver l’esprit anarchique et collectif du film. Sur Broadway, il voit une opportunité rare : accueillir des spectateurs pour qui Rocky est une religion, et d’autres qui débarquent sans y croire du tout, puis fabriquer pour eux des accès multiples au même spectacle.

Il le sait : certains fans arriveront déjà prêts à détester cette version. Pinkleton assume. Rocky Horror accepte la contradiction ; sa phrase emblématique, « don’t dream it, be it », est pour lui à la fois provocatrice et délicatement sincère. Le metteur en scène joue avec l’héritage plutôt que de le trahir : hommage, subversion, et un « jeu romantique du téléphone arabe » avec Richard O’Brien, le créateur originel, pour garder la flamme sans figer le mythe.

Cette réinvention cherche moins à réécrire le mythe qu’à réactiver ses forces. Au Studio 54, entre paillettes et folie, Pinkleton rassemble une troupe de « tendres originaux » et attend du public qu’il accepte, au fond, que deux vérités puissent coexister sur une même scène.

Publié le : 24 mars 2026
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