
La nouvelle est tombée comme un silence dans les coulisses de la pop : Billy Steinberg est mort le lundi 16 février 2026 en Californie, à l'âge de 75 ans. Son avocate, Laurie Soriano, confirme qu’il s’est éteint après un long combat contre le cancer. Il laisse son épouse Trina et leurs deux fils, Ezra et Max.
On connaît surtout Steinberg pour les tubes qu’il a offert aux stars, mais son rôle auprès de Céline Dion mérite d’être rappelé. Co-auteur de plusieurs titres de l'album Falling Into You (1996) — dont la chanson éponyme —, il a participé à la construction d’un disque qui a propulsé la chanteuse sur la scène internationale et lui a valu un Grammy. Sa plume discrète était l’un des fils qui tressaient l’émotion brute et la mélodie sophistiquée de l’album.
La disparition de Steinberg a une résonance particulière à un moment où Céline Dion traverse elle-même une épreuve de santé. Alors que la chanteuse se bat contre le syndrome de la personne raide et prépare un retour progressif sur scène, perdre l’un des artisans de son répertoire anglophone rappelle combien la création musicale se construit souvent à voix basse, derrière des noms moins exposés que ceux des interprètes. Pour de nombreux fans, écouter Falling Into You revient à entendre cette écriture qui a façonné tant d’émotions.
Avant et après Céline, Steinberg a signé l’une des partitions secrètes de la pop moderne. Avec Tom Kelly, son complice des années 1980 et 1990, il a écrit Like a Virgin pour Madonna, So Emotional pour Whitney Houston, True Colors et I Drove All Night pour Cyndi Lauper, Eternal Flame pour The Bangles, et I’ll Stand By You pour The Pretenders. Ces chansons n’appartiennent plus à un seul artiste : elles vivent dans des reprises, des samplings et des générations d’auditeurs.
Quand Tom Kelly s’est retiré au milieu des années 1990, Steinberg n’a pas disparu pour autant ; il a continué d’écrire, de changer de partenaires et de transformer des réflexions personnelles en hymnes populaires. Ses paroles, souvent nées d’intuitions très intimes, ont trouvé une portée universelle — c’est ce que soulignait la critique : ses mots se transformaient en refrains où des millions se reconnaissaient.
Membre du Songwriters Hall of Fame depuis 2011 et auréolé par des récompenses comme le Grammy lié à l’album de Céline, Billy Steinberg laisse une empreinte nette dans l’histoire de la pop. Sa mort ne réduit pas ses chansons au silence : elles continueront de jouer, de rappeler des moments précis, et de porter — parfois sans qu’on le sache — la signature d’un homme qui savait transformer le personnel en populaire.