
Moby n’y va pas par quatre chemins. Dans une vidéo publiée sur ses réseaux, le musicien accuse le gouvernement américain d’entraîner le pays à la catastrophe : « Les États‑Unis sont conduits à la ruine par une administration d’une incompétence et d’une corruption stupéfiantes », dit‑il. « Vraiment, ce sont des temps très, très sombres. »
Beaucoup d'amis à l'étranger, explique‑t‑il, lui demandent : « mais qu’est‑ce qui se passe aux États‑Unis ? » Sa réponse est sans nuance : « Nous ne savons pas. Les États‑Unis sont gouvernés par l’administration la plus corrompue, malveillante et incompétente. » Sa voix rejoint une chorale d’artistes — de Bruce Springsteen à Billie Eilish — qui ne se cachent plus pour critiquer la mouvance MAGA.
Moby n’est pas seulement un commentateur en colère ; il se veut acteur. Le 26 janvier, après la mort d’Alex Pretti lors d’une opération de l’ICE à Minneapolis, il a publié un message appelant à la réaction collective : « La question n’est pas de savoir si nous devons être scandalisés et horrifiés », a‑t‑il déclaré, « mais plutôt ce que nous allons faire. » Il a encouragé la protestation comme droit constitutionnel, a exhorté à voter — « pas seulement lors des prochaines élections de mi‑mandat, bien que ce soit important, mais à chaque élection partielle qui survient » — et a plaidé pour le boycott des entreprises qui soutiennent Trump et l’ICE.
Le contexte international renforce l’urgence de ses propos. Le département de la Justice a annoncé un fonds de près de 1,8 milliard de dollars destiné à indemniser des alliés de Trump qui prétendent avoir été indûment visés par des enquêtes. Le détroit d’Ormuz reste fermé, ce qui fait grimper les prix du carburant à l’échelle mondiale. Ces décisions surviennent après des campagnes militaires menées par les États‑Unis et Israël contre l’Iran fin février, lancées sans approbation du Congrès américain.
Artiste indépendant de longue date, Moby n’est pas un novice de l’industrie. Il a placé dix albums au classement Billboard 200 et signé deux titres dans le Billboard Hot 100. Au Royaume‑Uni, il compte deux albums n°1 — Play (1999) et 18 (2002) — dix‑huit titres dans le top 40 et deux nominations aux BRIT Awards pour l’artiste international masculin.
Sa stature musicale donne du poids à son irrésistible indignation. Plutôt que de s’en tenir à la morale, il propose des gestes concrets : manifester, voter, couper les soutiens financiers aux entreprises assimilées au pouvoir en place. Que l’on partage ou non ses positions, Moby cristallise une colère publique qui dépasse la sphère musicale et interroge la trajectoire politique et géopolitique des semaines récentes.