Un juge fédéral bloque Trump au Kennedy Center

Un juge fédéral bloque Trump au Kennedy Center

Donald Trump devant le Kennedy Center à Washington, avec le bâtiment en arrière-plan et des passants.

Un juge stoppe le renommage et ordonne la suppression

Le 29 mai, un juge fédéral a stoppé net la tentative de Donald Trump de coller son nom sur le Kennedy Center de Washington — et a aussi mis en pause des travaux qui auraient fermé le bâtiment pendant deux ans. Dans une opinion de 94 pages, le juge Casey Cooper a jugé que le conseil d’administration avait outrepassé la loi en votant pour renommer l’établissement « The Donald Trump and The John F. Kennedy Center for the Performing Arts » et a ordonné la suppression de toute référence publique au nom du président dans les 14 jours.

Bases légales : nom, Congrès et obligation de mémorial

Le juge rappelle que « la loi organique du Kennedy Center est claire : le Centre doit porter le nom du président Kennedy, et il ne peut recevoir aucun autre nom officiel ni mémorial public sur la seule décision du conseil. » Seule une action du Congrès peut changer ce nom, a-t-il ajouté. En outre, Cooper a bloqué définitivement la fermeture programmée pour les travaux, estimant que le conseil n’avait pas suffisamment évalué l’obligation statutaire de maintenir le lieu comme mémorial et scène vivante pour les arts, ni les conséquences sur la programmation.

Un changement de conseil qui polarise

Le contexte rend la décision encore plus explosive. Après sa réélection en 2024, Trump s’est installé au Kennedy Center : le conseil — dont il a été élu président en février dernier — a vu partir 18 membres choisis sous l’administration précédente, remplacés par ses propres appointees. Le nouveau conseil a annoncé un vote « unanime » pour renommer le bâtiment en décembre, décision contestée par plusieurs participants de la réunion virtuelle qui disent avoir été empêchés de parler ou même mis en sourdine.

Recours juridiques et prises de parole

Le dossier a été porté en justice par la représentante Joyce Beatty, qui affirmait notamment avoir été mutée lors du vote. « La décision d’aujourd’hui confirme que les efforts de cette administration pour renommer et fermer le Centre n’ont aucun fondement légal », a-t-elle déclaré. « Le Kennedy Center appartient au peuple américain, pas à Donald Trump. Il a profané ce mémorial pour satisfaire sa vanité. »

Du côté du Kennedy Center, Roma Daravi, vice‑présidente des relations publiques, a annoncé l’intention de faire appel : « Nous sommes confiants que, en appel, la cour confirmera la volonté du conseil de reconnaître les contributions historiques du président Trump au centre culturel. » Elle a aussi rappelé que « 257 millions de dollars, sécurisés par le président Trump et approuvés par le Congrès, sont disponibles pour la restauration » et que le centre doit être restauré « en tant que lieu culturel national ».

Frein judiciaire et perspectives d'appel

La greffe judiciaire a donc remis un frein à une tentative inédite de personnalisation d’un mémorial national et à des travaux qui auraient privé la capitale d’une scène majeure pendant deux ans. Le litige ne fait que commencer : l’affaire passera probablement en appel, et le débat entre loi, mémoire publique et politique culturelle reste très loin d’être clos.

Publié le : 29 mai 2026
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