
Olivia Rodrigo ne se contente pas de chanter : elle défend une ligne. Le 4 juin, elle apparaît en couverture du magazine Dazed et parle sans détour de la vidéo du Department of Homeland Security qui, l’an dernier, a utilisé sa chanson « All‑American Bitch » pour accompagner une glorification d’ICE sur les réseaux sociaux.
Découvrir cette utilisation, raconte‑t‑elle, l’a « mise encore plus en colère ». « Une part d’être artiste, c’est partager ce que l’on ressent avec les autres, » dit Rodrigo. « Je n’ai pas de diplôme en sciences politiques, je ne suis pas la personne la plus cultivée de la planète, mais j’essaie de me tenir informée et de dire ce que je ressens. »
Elle se souvient : « Je faisais défiler mon téléphone. C’était profondément perturbant de voir cette propagande, et que ce soit ma chanson qui soit utilisée m’a mise encore plus en colère. » En novembre, elle n’avait pas mâché ses mots : « N’utilisez jamais mes chansons pour promouvoir votre propagande raciste et haineuse. »
La réaction officielle n’a pas tardé. Le Department of Homeland Security a répondu publiquement une première fois, puis a réitéré sa position après l’interview pour Dazed : « Nous suggérons à Mme Rodrigo de les remercier pour leur service, plutôt que de mépriser leur sacrifice. »
Rodrigo, elle, maintient sa position et monte le ton. « Ce qu’ils font est tellement horrible, barbare et cruel, » affirme‑t‑elle. « Je suis vraiment triste d’être dans un pays qui pense que c’est acceptable. »
Ce bras de fer survient alors que Rodrigo entre dans une nouvelle phase artistique. Son troisième album, You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love, sortira le 12 juin. Les deux premiers singles, « Drop Dead » et « The Cure », ont respectivement débuté aux numéros 1 et 5 du Billboard Hot 100, preuve que ses paroles politiques ne lui ont pas fait perdre son assise commerciale.
Olivia Rodrigo a 23 ans, mais sa carrière ressemble déjà à une trajectoire d’icône pop : des records de streaming avec « drivers license », deux albums précédents massivement écoutés et des tournées triomphales. Malgré cette ascension fulgurante, elle choisit désormais de mêler musique et engagement public, quitte à entrer en conflit ouvert avec une agence fédérale.
Le débat est simple et net : une artiste peut‑elle refuser que son art serve une propagande gouvernementale sans être sommée d’en remercier les agents ?