
Andrew Lloyd Webber confesse sans détour qu’il était accro et qu’il s’en sort. « Je suis un alcoolique en rétablissement », dit le compositeur âgé de 78 ans, couronné par un EGOT (Emmy, Grammy, Oscar et Tony). Il explique qu’il a demandé de l’aide il y a seize mois et que c’est « la meilleure chose qui me soit arrivée ».
Il avait déjà fait de grands discours d’abstinence en 2015–2016, lors de la production de School of Rock à Broadway, puis était retombé. Plutôt que de le dire, il a commencé à boire en cachette, « en mode white‑knuckling », autrement dit en serrant les dents sans soutien. La chute s’est accélérée jusqu’à ce que la famille soit « en état de désespoir » et que son épouse « sente qu’elle ne pouvait plus continuer ».
Il raconte une prise de conscience brutale : habitué au vin, il n’imaginait pas se reconnaître comme alcoolique — jusqu’à ce qu’il commence à boire de la vodka pour dissimuler ses verres. « C’est ce qui m’a choqué », dit‑il, tout en admettant qu’il a eu de la chance de n’avoir eu « aucun accident effroyable », mais bien des « quasi‑accidents ».
Il se dit « profondément désolé » et prêt à présenter des excuses à ceux qu’il aurait pu blesser. Une cure de désintoxication n’a « pas marché », mais autre chose a fonctionné : les réunions d’Alcooliques Anonymes.
Aujourd’hui, il assiste chaque jour à des réunions des Alcooliques Anonymes et confie les « adorer ». La surprise pour lui : « on entre dans une pièce et tout le monde est égal ». Il a noué des amitiés qu’il n’aurait jamais imaginées et remis en question l’image caricaturale qu’il se faisait des participants.
Sur la créativité, il est nuancé : il doute d’avoir écrit beaucoup de ses grandes œuvres en étant ivre, mais se souvient de « quelques chansons à succès » composées après un verre qui lui avaient paru « pas mal ». Cette honnêteté gomme le mythe romantique du créateur saoul inventif.
Il vend de nouveau sa cave — ce qui n’est pas une première : en 2016 il avait déjà liquidé une collection commencée à 15 ans, comprenant entre autres des Romanée‑Conti 2005 (environ £15 000 la bouteille) et des Château Pétrus 1982 (environ £50 000 la caisse), aux enchères chez Sotheby’s et en ventes privées. Cette fois, il dit quitter l’alcool pour de bon, avec sponsor, réunions et soutien.
Il travaille parallèlement sur deux nouveaux comédies musicales : l’une inspirée du film The Illusionist (2006), l’autre de l’affaire du vol de la Joconde en 1911. Il parle sobrement — et cela change tout.