Boards of Canada fustige Trump pour l’usage de sa nouvelle chanson

Boards of Canada fustige Trump pour l’usage de sa nouvelle chanson

Boards of Canada devant un micro, avec en arrière-plan un écran montrant Donald Trump en gros plan

Clip de la présidence: images énigmatiques et musique non autorisée

La Maison-Blanche a utilisé sans autorisation un morceau des Boards of Canada dans un court clip énigmatique, et le duo ne l’a pas pris à la légère. Le jeudi 28 mai, la page officielle a posté une vidéo de 15 secondes accompagnée uniquement d’un emoji yeux regardant sur le côté (👀) : images d’un drapeau américain en lambeaux, du sceau présidentiel, de Marine One, d’un bateau des gardes-côtes et d’une structure qui ressemble à un centre de détention. Aucun commentaire, aucun contexte.

Le morceau et l'esthétique sonore: "Deep Time" et Inferno

Le morceau tissé dans cette ambiance inquiétante s’appelle "Deep Time", extrait d’Inferno, le premier album des Boards of Canada en treize ans, sorti le vendredi 29 mai. Le duo écossais — Mike Sandison et Marcus Eoin — est connu pour ses paysages sonores rétro et ses textures VHS ; la vidéo reprend d’ailleurs cette esthétique statique et "glitchée", ce qui a renforcé l’impression d’une appropriation volontaire de leur univers visuel et musical.

Réponse officielle et silence explicatif

Warp Records a réagi rapidement : le label a fermement déclaré qu’il ne "condonne pas l’utilisation non autorisée de leur musique à des fins de communication politique". Le ton est sec ; la ligne est claire. La maison n’a pas fourni d’explication sur le choix du morceau ni sur le sens du clip, et le message muet posté par la présidence a laissé la place à l’interprétation — et à l’indignation — sur les réseaux sociaux.

Réactions du public et liste d'artistes opposés

Sur Twitter et ailleurs, des internautes ont demandé des recours légaux et exhorté le duo à porter plainte. Certains ont écrit : "Déposez une plainte pour violation du droit d’auteur", d’autres ont supplié les musiciens de "les poursuivre jusqu’à l’oubli". Le cas Boards of Canada s’inscrit dans une série désormais familière : depuis quelques années, de nombreux artistes ont publiquement refusé que leurs chansons servent d’habillage à la communication politique sans leur aval. On peut citer, parmi les plus médiatisés, The White Stripes, Eddy Grant, Sabrina Carpenter, Céline Dion, les Foo Fighters, Neil Young, Olivia Rodrigo, Pharrell, Rihanna et les Rolling Stones.

Qui contrôle la bande-son du récit public ?

La question posée est simple et pratique : qui contrôle la bande-son d’un récit public ? Quand un pouvoir utilise une œuvre pour rendre son message viral, la musique cesse d’être un simple fond sonore et devient un acte de communication — avec toutes ses implications juridiques et éthiques.

Le 28 mai, la Maison-Blanche a publié un clip de 15 secondes utilisant "Deep Time" des Boards of Canada. Inferno, le premier album du duo en 13 ans, est sorti le 29 mai.

Reste à voir si cette affaire débouchera sur une action en justice ou restera une nouvelle ligne sur la longue liste des artistes qui refusent d’être associés à des messages politiques qu’ils n’ont pas choisis. Dans tous les cas, la vidéo a relancé un débat crucial : l’appropriation des œuvres culturelles par les dispositifs de pouvoir et la frontière entre viralité et violation.

Publié le : 29 mai 2026
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