
La Cour nationale espagnole a mis un point final à plus de huit ans de bataille judiciaire : elle acquitte Shakira et ordonne à l'État de lui restituer 60 millions d'euros. La justice conclut que la chanteuse n'a pas atteint la durée minimale de séjour requise pour être imposée en Espagne en 2011.
La décision balaie l'accusation principale qui pesait sur elle : les autorités fiscales affirmaient que, pendant sa tournée mondiale de 2011 — 120 concerts dans 37 pays — Shakira avait passé assez de temps en Espagne pour être considérée comme résidente fiscale. La Cour a rejeté cette thèse et a aussi écarté l'idée selon laquelle l'Espagne constituait le centre principal de ses activités économiques. La somme retenue devra être rendue, avec intérêts et frais de justice.
"Après plus de huit ans à subir des accusations publiques brutales et des nuits blanches qui ont affecté ma santé et le bien‑être de ma famille, la Cour nationale a enfin rétabli la vérité", a déclaré Shakira. "Il n'y a jamais eu de fraude, et l'Administration n'a jamais pu le prouver." Son avocat, José Luis Prada, a qualifié le mot d'« épreuve de huit ans » et a souligné que la chanteuse a "eu la force et les moyens d'aller jusqu'au bout" d'un procès qui, selon lui, "étouffe de nombreux contribuables anonymes qui n'ont pas les ressources pour se défendre."
Cette victoire intervient dans un contexte plus large : en novembre 2023, Shakira avait déjà conclu un accord distinct avec l'Administration fiscale sur les années 2012–2014. Elle avait alors reconnu six délits fiscaux, obtenu une peine de trois ans de prison avec sursis et payé une amende de 7,6 millions de dollars.
La portée pratique de l'arrêt mérite d'être notée. D'un côté, il réaffirme qu'un simple passage fréquent par l'Espagne n'entraîne pas automatiquement la résidence fiscale.
De l'autre, il soulève la question de l'impact des contrôles fiscaux prolongés sur des personnalités publiques disposant de moyens pour se défendre, contre des contribuables plus fragiles. Les avocats de Shakira espèrent que le jugement "fera jurisprudence" et aidera d'autres contribuables dans des litiges similaires.
La nouvelle tombe au moment où Shakira achève la tournée européenne Las Mujeres Ya No Lloran ; elle doit clore le chapitre madrilène avec douze concerts programmés en octobre dans un stade temporaire aménagé pour la série de dates. Pour l'artiste, le dénouement judiciaire ne met pas seulement fin à un combat financier : il coupe court à une longue période d'incertitude publique, juste avant son retour sur scène.