Histoires d'Artistes

Gavin Brivik détaille la musique de Faces of Death

Un son qui fond comme une cassette VHS

Gavin Brivik veut que la bande-son semble sortie d’une cassette VHS en train de se désintégrer. Pour Faces of Death, il a poussé l’idée jusqu’à en faire la colonne vertébrale du film : des boucles magnétiques usées d’un côté, des hyper-samples hyperactifs de l’autre. Le résultat oscille entre malaise et comique, comme si une bobine des années 70 jouait en accéléré au milieu d’un feed TikTok cauchemardesque.

IFC et Shudder sont associés au projet dans sa distribution : Faces of Death est un film d’IFC et Shudder avec Barbie Ferreira, Dacre Montgomery, Charli XCX et Josie Totah. Gavin Brivik a signé les partitions de The Pitt (Warner Bros/HBO Max), How to Blow Up a Pipeline (Neon) et Faces of Death (IFC/Shudder).

Deux mondes qui se répondent

Brivik décrit la moitié du score comme inspirée par The Disintegration Loops de William Basinski : des loops qui s’effilochent, des craquements qui deviennent musique. Il a voulu recréer ce grain, cette perte progressive, en mêlant synthés « vintage », cuivres secs et enregistrements trouvés pour donner l’impression d’une bande qui tombe en morceaux.

L’autre moitié plonge dans la culture internet contemporaine — hyperpop, samples Moment, sons de scroll et clips viraux. Le personnage principal est modérateur de contenu ; Brivik traduit ce défilement compulsif en tempos frénétiques, en samples tranchants, et en ruptures sonores qui font basculer la scène du drôle à l’horrible.

La bande VHS comme instrument

Plutôt que d’émuler, il a travaillé avec la matière même de l’objet. Brivik a acheté une cassette Faces of Death sur eBay, l’a passée en accéléré devant un micro, l’a poussée dans et hors du lecteur pour créer des percussions. Il a enroulé des rubans autour des doigts de musiciens, posé des bandes sur les cordes d’un piano, et fait résonner des cuivres dans la table d’harmonie — des techniques low-fi produisant des textures ASMR et des claquements organiques au cœur du score.

Ces manipulations ont servi de matériau brut : on entend ces frottements, ces crissements distordus comme autant d’éléments rythmiques ou d’effets d’ambiance. L’idée n’est pas nostalgie facile, mais détérioration active — la musique montre sa propre fin.

Collaboration et passage du score aux chansons

Brivik compose tôt : il écrit un album avant que le film ne soit monté, offrant ainsi une palette sonore à réutiliser. Beaucoup des morceaux diégétiques viennent de ces maquettes. Pour assurer la cohérence entre score et chansons, il a réemployé des synthés et des samples du film dans les productions pop.

Cecile Believe et Umru ont transformé des stems instrumentaux envoyés par Brivik : Cecile a topliné, Umru a co-produit et co-écrit « Follow Me »; leur morceau sert de needle drop. La chanson « Ur Mad », co-signée par Brivik et Cecile, recycle cloches synthétiques années 70, nappes et bandes VHS distordues — un bon exemple de la façon dont score et pop s’entrelacent.

Un paysage sonore déréglé

En bref : un film où la musique est à la fois outil narratif et matériau. Brivik lie la décomposition physique d’une bande et l’accélération numérique du présent pour créer un paysage sonore qui colle à l’écran.

Questions fréquentes

Qui est Gavin Brivik ?

Gavin Brivik est un compositeur de musique de film. Il a signé les partitions de The Pitt (Warner Bros/HBO Max), How to Blow Up a Pipeline (Neon) et Faces of Death (IFC/Shudder). Il est connu pour ses textures expérimentales mêlant sons analogiques détériorés et production numérique contemporaine.

Comment Brivik a-t-il utilisé une cassette VHS comme instrument ?

Brivik a acheté une cassette VHS du film sur eBay et l'a manipulée physiquement : il l'a passée en accéléré devant un micro, a créé des percussions en poussant et retirant la bande du lecteur, et a enroulé des rubans autour des doigts des musiciens ou posé des bandes sur les cordes de piano pour générer des textures organiques.

Quelle est l'inspiration de la bande originale de Faces of Death ?

La partition s'inspire des Disintegration Loops de William Basinski, des boucles musicales qui se dégradent à mesure qu'elles tournent. Brivik a transposé cette idée de détérioration active : la musique semble montrer sa propre fin, comme une cassette VHS qui se désintègre au fil de la lecture.

Pourquoi la musique mêle-t-elle sons analogiques et numériques ?

Le film suit un modérateur de contenu, partagé entre passé et présent. Brivik traduit cette dualité par deux univers sonores : un monde analogique fait de boucles, synthés vintage et cuivres, et un monde numérique d'hyperpop, samples internet et sons de scroll évoquant le défilement compulsif des réseaux.

Brivik compose-t-il avant ou après le montage ?

Gavin Brivik compose en amont du montage du film. Il crée d'abord un album complet qui constitue une palette sonore réutilisable, dans laquelle il puise ensuite pour habiller les scènes. Cette approche lui donne une cohérence d'ensemble plutôt que des cues écrits image par image.