
Avant d’occuper les mainstages de Coachella et Tomorrowland, Niles Hollowell‑Dhar opérait dans l’ombre : il écrivait des tubes pour les plus grands. Puis il a choisi de sortir du studio pour signer un son électronique reconnaissable entre mille sous le nom de KSHMR.
Niles Hollowell‑Dhar, connu sous le nom de KSHMR, a produit pour Justin Bieber et Beyoncé. Sounds of KSHMR compte désormais cinq volumes sur Splice Sounds.
Aujourd’hui, la sortie très attendue de Sounds of KSHMR Vol.5 relance ce récit : ce n’est pas seulement une collection de samples, c’est la continuité d’un projet pédagogique et artistique qui aide des producteurs du monde entier à construire leurs morceaux. Ces packs, publiés sur Splice, sont devenus une référence — drums, effets, textures orchestrales — taillés pour qui veut comprendre comment KSHMR fabrique ses émotions sonores.
KSHMR parle d’héritage autrement. Pour lui, la musique reste une magie collective, et transmettre les outils compte autant que composer des hits.
« Je voudrais que mon héritage soit important pour les gens qui étaient importants pour moi et pour la chose qui m’était importante, qui est la création de musique », dit‑il. « C’est la dernière parcelle de magie que personne ne comprend vraiment, mais sur laquelle nous tombons tous d’accord. Si je peux apporter ça un peu par moi‑même, et beaucoup en aidant d’autres avec un morceau de leur puzzle, c’est tout ce que je voulais faire. »
Cette philosophie explique aussi son rapport à l’échec et à l’expérimentation : il n’a pas seulement appris à éviter les erreurs, il a appris à en tirer des leçons pratiques — des sons inattendus, des arrangements surpris — qui finissent dans ses packs et dans ses sets. Son goût pour les musiques de film alimente sa palette : cordes dramatiques, percussions cinématographiques, nappes qui respirent comme une bande‑son. Autant d’éléments que l’on retrouve partout, du festival au home studio.
Côté pratique, KSHMR n’a pas perdu le sens du jeu. Dans une rubrique appelée Mystery Box, il a même transformé… un poulet en caoutchouc en arrangement épique, pour montrer comment extraire de l’idée la plus absurde une texture utile. Ces démonstrations résument sa méthode : curiosité, discipline, et une obsession pour l’émotion.
On ressort de cette conversation avec l’impression que KSHMR ne veut pas seulement laisser des morceaux derrière lui, mais des outils et des manières de penser la musique. Il vend des packs ; il propage une façon de faire. Et il le raconte sans détour, comme quelqu’un qui sait que la musique change la vie — pas toujours par la richesse, souvent par l’éclair qu’elle provoque quand on la crée soi‑même.